Par l’opération militaire du 3 janvier 2026, Washington n’a pas seulement renversé un gouvernement à Caracas. En capturant Nicolás Maduro sans mandat international, les États-Unis — avec la complaisance de l’Europe — ont envoyé un message clair aux capitales du « Sud Global » : la souveraineté nationale ne pèse plus rien face aux intérêts stratégiques occidentaux. Désormais, tout État refusant l’alignement est prévenu.
La nuit du 3 janvier 2026 marquera un tournant dans l’histoire des relations internationales. En lançant une opération combinant frappes aériennes et forces spéciales pour capturer le président vénézuélien et son épouse, Donald Trump a franchi un seuil que beaucoup pensaient infranchissable. L’annonce que les États-Unis allaient désormais « diriger le Venezuela » en attendant une transition scelle le retour décomplexé de la force brute comme instrument premier de la diplomatie.
La fin des illusions juridiques
Pour les nations non-occidentales, l’analyse est sans appel : le droit international, censé protéger les faibles contre les forts, a cessé d’opérer. L’opération s’est déroulée en l’absence totale de mandat du Conseil de sécurité des Nations unies, constituant une « grave violation du droit international » et une « agression manifeste ».
L’argumentaire américain, reposant sur la lutte contre le « narcoterrorisme » et la qualification du gouvernement vénézuélien en « Cartel des Soleils », apparaît aux yeux de nombreux observateurs comme un habillage juridique, un outil de lawfare (guerre juridique) destiné à justifier l’ingérence. Comme le soulignent certains experts, cette qualification permet de contourner les règles classiques de la guerre pour traiter un État souverain comme une organisation criminelle.
Pour les pays d’Afrique, d’Asie ou du Moyen-Orient qui ne s’alignent pas sur les standards occidentaux, la leçon est claire : il n’est plus nécessaire pour l’Occident de construire un récit juridique solide pour intervenir. La puissance militaire suffit désormais à produire sa propre légalité.
L’Europe et les USA : un front commun intimidant
Si l’opération est américaine, la réaction de l’Europe a fini de convaincre le monde non-occidental qu’il fait face à un bloc unifié. Bien que certains diplomates aient appelé à la « retenue », l’absence de condamnation ferme et unanime des capitales européennes face à l’enlèvement d’un chef d’État étranger est perçue comme une acceptation tacite du fait accompli.
Cette dynamique confirme la crainte d’un retour à la doctrine Monroe, réactualisée par un « corollaire Trump » qui considère l’Amérique latine — et par extension toute zone riche en ressources — comme un domaine réservé où les États-Unis entendent dicter leur loi pour sécuriser leurs intérêts énergétiques et sécuritaires. Le contrôle des plus grandes réserves de pétrole du monde semble être, aux yeux de nombreux analystes, le véritable moteur de cette intervention, bien plus que la restauration de la démocratie.
Les pays non-alignés sur le qui-vive
Désormais, les pays « non-occidentables » sont sur leurs gardes. La Russie et la Chine ont immédiatement condamné l’opération, la qualifiant d’« agression armée » et d’acte hégémonique. Mais au-delà des condamnations verbales, c’est une prise de conscience stratégique qui s’opère.
Comme le note l’analyste Andrew Korybko, cette opération vise à contraindre le reste de l’hémisphère et du monde à capituler stratégiquement face aux États-Unis. Le message est que les alliances alternatives (avec la Chine, la Russie ou l’Iran) ne suffiront pas à protéger un régime si Washington décide de frapper.
La conséquence directe de cette opération sera l’accélération de la consolidation des blocs alternatifs (comme les BRICS). Les pays qui refusent la soumission financière ou politique aux États-Unis et à l’Europe savent désormais qu’ils peuvent être ciblés sous des prétextes judiciaires (trafic de drogue, terrorisme) transformés en casus belli. L’Iran, en particulier, observe la situation de près, conscient qu’il pourrait être la prochaine cible de cette stratégie de décapitation de régime.
En somme, l’opération du 3 janvier 2026 a tué l’ordre international fondé sur des règles. Elle ouvre une ère d’instabilité où chaque nation non-occidentale sait qu’elle doit désormais assurer sa propre survie face à un Occident prêt à user de la force sans contrainte.





