ÉDITO – Ce mercredi 7 janvier 2026, le couperet est tombé sur les 320 derniers salariés de Dumarey Powerglide Strasbourg. Après le licenciement de 230 de leurs collègues l’an dernier, c’est le site entier qui s’éteint. Ce n’est pas un accident industriel, c’est un crime prémédité par trente ans d’idéologie libre-échangiste et de dogmatisme bruxellois.
PUSH LINE : « 85 % de chiffre d’affaires volatilisés en deux ans : ce n’est pas une crise, c’est une exécution industrielle signée Bruxelles et Pékin.
Le mirage de la « Mondialisation Heureuse »
On nous l’avait vendue, cette « mondialisation heureuse » : un monde sans frontières où la France n’aurait besoin que de « cerveaux » et de services, laissant les usines et la sueur aux autres. Résultat ? En 2026, le « paquebot » strasbourgeois coule corps et âme. On a désarmé nos frontières, ouvert nos portes à tous les vents, et aujourd’hui, nos fleurons industriels ne sont plus que des carcasses vides.
L’Europe : Une machine à perdre
L’Union européenne, loin d’être un bouclier, est devenue le cheval de Troie de notre propre destruction. Pendant que les États-Unis de Trump frappent les importations européennes de droits de douane massifs (jusqu’à 25% sur l’automobile en 2025) pour protéger leur sol, l’Europe, elle, continue de jouer les « bons élèves » du libre-échange.
Le cas de Strasbourg est une insulte au bon sens :
- Les subventions chinoises : Pékin inonde le marché de composants 30% moins chers, subventionnés par l’État chinois. Pire, l’Europe laisse ces mêmes entreprises chinoises s’installer sur notre sol avec des aides publiques, pour mieux achever nos sous-traitants locaux.
- L’impuissance budgétaire : Pendant que la Chine et les USA injectent des milliards dans leurs industries, la France se fait « commander » par Bruxelles, sommée de réduire ses déficits, nous interdisant de soutenir nos propres entreprises au nom de la « concurrence libre et non faussée ».
Le besoin vital de protection et de souveraineté
L’exemple de Dumarey prouve que sans protectionnisme, il n’y a pas d’avenir. Si nous avions des barrières douanières sérieuses, les composants chinois ne viendraient pas briser nos prix. Si nous avions conservé notre monnaie nationale, la dévaluation compétitive nous permettrait aujourd’hui de rendre nos exportations attractives face au dollar fort et de protéger notre marché intérieur.
Au lieu de cela, nous sommes enchaînés à un Euro trop fort pour nous, mais parfait pour l’Allemagne, et à une Europe qui préfère voir mourir Strasbourg plutôt que de froisser les règles de l’OMC.
Conclusion : Reprendre le contrôle
La fermeture de Dumarey Powerglide n’est que le dernier chapitre d’un suicide collectif. Pour sauver ce qu’il reste de notre industrie, il est temps de siffler la fin de la récréation :
- Rétablir des droits de douane protecteurs contre les pays à bas coûts.
- Reprendre le contrôle de notre monnaie pour ne plus subir les décisions de Francfort.
- Prioriser l’achat national dans les commandes publiques, sans attendre l’aval de commissaires européens non élus.
À Strasbourg, ce ne sont pas seulement 320 emplois qui disparaissent, c’est la dignité d’un pays qui a oublié que pour être libre, il faut d’abord produire ce que l’on consomme.
Des explications plus approfondies sur les leviers de souveraineté que nous avons perdus et les entraves imposées par le système actuel.
1. Le mécanisme de la dévaluation monétaire (La monnaie comme arme)
Avant l’Euro, la France disposait d’un levier puissant : la dévaluation compétitive.
Lorsqu’une industrie comme celle de Strasbourg perdait en compétitivité, l’État pouvait ajuster la valeur du Franc.
- Comment ça marchait ? En baissant la valeur de la monnaie nationale par rapport au Dollar ou au Mark, les produits fabriqués à Strasbourg devenaient instantanément moins chers pour les acheteurs étrangers.
- L’effet bouclier : Parallèlement, les produits importés (comme les composants chinois ou les voitures étrangères) devenaient plus chers pour les Français, favorisant naturellement l’achat local.
- Le blocage actuel : Avec l’Euro, nous partageons une monnaie « trop forte » pour notre industrie mais idéale pour l’Allemagne. Nous ne pouvons plus ajuster notre monnaie pour compenser nos coûts de production. Nous subissons une « dévaluation interne », ce qui signifie que pour rester compétitifs, nous ne pouvons plus agir sur la monnaie, mais seulement sur les salaires ou les suppressions d’emplois.
2. Les aides d’État sacrifiées sur l’autel de Bruxelles
La France a dû revoir ou abandonner plusieurs dispositifs de soutien sous la pression de la Commission européenne, au nom de la « concurrence libre » :
- Le Bonus Écologique « Préférence Nationale » : La France a tenté de réserver ses aides aux seuls véhicules produits sur le sol européen (en utilisant un « score environnemental »). Si cela a freiné certains modèles chinois, Bruxelles surveille de très près toute mesure qui s’apparenterait à du protectionnisme pur, limitant notre capacité à dire : « L’argent des Français doit aller aux usines françaises ».
- Les tarifs de l’énergie : Alors que la France dispose du nucléaire, les règles du marché européen de l’électricité nous obligent à indexer nos prix sur le gaz, pénalisant nos usines (comme Dumarey) avec des coûts énergétiques absurdes alors que l’énergie est produite chez nous.
- Le soutien direct aux équipementiers : En 2025/2026, alors que la crise s’aggrave, le gouvernement français est rappelé à l’ordre par Bruxelles dès qu’il tente d’injecter des fonds massifs dans des entreprises en difficulté (comme le projet de rachat de Lohr par Dumarey qui aurait pu bénéficier d’un appui public plus fort).
3. Le paradoxe des subventions chinoises
C’est ici que l’injustice est la plus forte. Pendant que Bruxelles nous interdit d’aider nos entreprises :
- La Chine subventionne massivement ses constructeurs (on estime à 30 % l’avantage de prix grâce aux aides d’État de Pékin).
- L’Europe ouvre ses portes : Les constructeurs chinois qui s’installent en Europe (comme BYD ou MG) reçoivent parfois des aides locales européennes pour leurs nouvelles usines, tout en continuant de détruire nos sous-traitants historiques comme DPS Strasbourg par une guerre des prix déloyale.
La France vient d’achever son industrie automobile…
Cette vidéo analyse comment les décisions politiques et budgétaires récentes en France, couplées aux directives européennes, ont placé l’industrie automobile nationale dans une situation critique face à la concurrence internationale.
Voici le comparatif qui illustre parfaitement le déséquilibre. En ce début d’année 2026, la différence de stratégie entre Washington et Bruxelles est flagrante : les États-Unis ont érigé une muraille, tandis que l’Europe a installé une simple barrière que les concurrents contournent déjà.
Comparatif des Droits de Douane (Janvier 2026)
| Type de protection | États-Unis (Modèle « America First ») | Union Européenne (Modèle Libre-échange) |
| Voitures Électriques Chinoises | 100 % (Droit prohibitif) | De 10 % à 45 % (Selon les marques) |
| Pièces & Composants | 25 % (Sur les batteries et pignons) | Variable (faible) |
| Acier et Aluminium | 50 % (Pour forcer l’achat local) | Mesures de sauvegarde limitées |
| Philosophie | Protectionnisme intégral : On bloque l’entrée pour forcer les usines à s’installer aux USA. | Légalisme : On taxe juste assez pour compenser les aides, sans vouloir fâcher Pékin. |
Pourquoi l’Europe est en train de perdre le combat
1. La « Muraille de 100 % » vs la « Passoire Européenne »
Aux États-Unis, avec des droits de douane à 100 % sur les voitures chinoises, le marché est virtuellement fermé. Résultat : les constructeurs chinois ne cherchent même pas à y entrer. En revanche, l’Europe a fixé des taxes bien plus basses (autour de 35-38 % en moyenne).
- Le problème : Comme les Chinois produisent 30 % moins cher, ils absorbent la taxe européenne en réduisant leurs marges et restent compétitifs. En novembre 2025, ils ont même battu un record avec 12,8 % de part de marché en Europe malgré les taxes !
2. L’arnaque du contournement (Le cas Changan/Deepal)
Pendant que nos usines comme DPS Strasbourg ferment, les constructeurs chinois utilisent des « astuces » que l’Europe ne sanctionne pas :
- Ils ouvrent des usines en Thaïlande, en Turquie ou au Mexique pour assembler leurs voitures. Comme le produit final ne vient pas de Chine, il échappe aux taxes « punitives » de Bruxelles. L’Europe regarde ailleurs, fidèle à ses traités de libre-échange, pendant que nos ouvriers trinquent.
3. L’aide directe aux « nôtres »
- Aux USA : Le gouvernement donne jusqu’à 7 500 dollars d’aide à l’achat, mais uniquement si la batterie et les composants sont fabriqués aux États-Unis. C’est du « Buy American » pur et dur.
- En Europe : La France a essayé d’imiter cela avec le bonus écologique lié au score environnemental, mais elle se fait régulièrement taper sur les doigts par Bruxelles qui craint de « fausser la concurrence mondiale ».
L’effet boomerang pour Strasbourg
L’article sur Dumarey le dit clairement : les produits historiques de l’usine ont été victimes des barrières américaines de 25 % mises en place l’an dernier par l’administration Trump.
Le paradoxe tragique : L’industrie française est frappée par le protectionnisme des autres (USA), mais elle n’est pas protégée par celui de sa propre famille (Europe).
Conclusion : Sortir de la naïveté ou périr
La mort programmée de Dumarey Powerglide Strasbourg n’est pas une fatalité économique, c’est un choix politique. C’est le résultat d’un système où la France est sommée de respecter des règles de courtoisie commerciale alors que le reste du monde est en guerre économique.
Pendant que les États-Unis se barricadent pour sauver leurs emplois et que la Chine subventionne les siens pour conquérir la planète, l’Europe reste la « dernière idiote du village mondial ». Elle s’accroche à des traités de libre-échange obsolètes comme un capitaine s’accrocherait à un manuel de navigation alors que son navire est déjà fendu en deux.
Il n’y aura pas de « souveraineté européenne » sans protection nationale. L’heure n’est plus aux demi-mesures ni aux « ajustements de taxes » à la marge. Si nous voulons éviter que le Grand Est ne devienne un désert industriel, nous devons impérativement :
- Assumer un protectionnisme de combat : Aligner nos droits de douane sur ceux des Américains. Si c’est 100 % pour protéger Détroit, ce doit être 100 % pour protéger Strasbourg.
- Casser le carcan de l’Euro : Retrouver un outil monétaire qui serve nos exportations au lieu de les plomber.
- Désobéir à Bruxelles : Pratiquer la préférence nationale pour nos commandes publiques et nos aides d’État, sans demander la permission.
Le « projet de cessation » de DPS est un avertissement sanglant. Si nous ne reprenons pas les manettes de notre destin industriel et monétaire, la « mondialisation heureuse » finira d’écrire l’épitaphe de la France productrice.
À Strasbourg, les machines vont s’arrêter. Il serait temps que les dirigeants français, eux, se réveillent.





